Soirée débat du 20 novembre sur les élections aux USA :
« Le bilan de la campagne, Barack OBAMA un nouveau
Président,
Quelles perspectives pour l’Amérique et le Monde ? »
Arnaud Leclerc, professeur de sciences politiques : Rappel des principes de l'élection
et particularités de cette élection 2008
Tout d'abord, les USA est de fait un pays au régime fédéral comprenant 50 états, états qui ont eux même leur propre constitution. Dès lors, cette élection présentée
le plus souvent comme une élection nationale est d'abord une élection locale. Les discours et les thèmes de campagne diffèrent d'un État à un autre.
De plus, beaucoup d'autres élections non médiatisées nationalement ont lieu le même jour : élection du shérif, du juge, du gouverneur, des membres du Congrès
(sénateurs et représentants (équivalents de nos députés)).
Le président lui même n'est pas élu au suffrage universel direct mais par des grands électeurs dont le nombre est affecté en fonction de la taille démographique de
l'État. 538 grands électeurs correspondant au nombre de représentants et sénateurs, la barre étant de 270 grands électeurs pour gagner (à titre d’exemple la Californie compte 55 grands électeurs,
l’Alaska 3).
Il est du coup envisageable d'être élu avec 42/43 % des voix car beaucoup de très « petits » candidats quasi inconnus se présentent également.
Par ailleurs les rapports de force sont connus d'avance et stables au cours du temps dans de nombreux états (ex : Texas toujours largement républicain , Californie
ou New York toujours démocrate). Si on tient compte des états stables, il y a un léger déséquilibre favorable au parti démocrate sur l’ensemble du territoire. Dès lors, l'élection se joue dans
les états balanciers appelés « swing states » ( (Ohio par ex, New Mexique, Nevada, Floride, New Hampshire).
Compte tenu du mode de scrutin, les américains participent peu à la campagne et au vote (environ 50% de taux de participation). L'année 2008 restera à cet égard
dans les annales avec une participation record de 66 à 67%, et encore plus dans les États non acquis d'avance : cela prouve la maturité des américains par rapport à leur système électoral.
Pour l'instant Barack Obama n'est pas encore officiellement élu : il faudra attendre le vote définitif de grands électeurs mi décembre. Aujourd'hui ce vote est
quasi automatique en fonction de l'étiquette, mais ce ne fut pas toujours le cas notamment au début de la constitution des USA au 18e/19e siècle ; les grands électeurs pouvant changer d'avis
après le vote des citoyens.
Ce mode de scrutin n'est pas sans incidence sur les significations qu'on peut lui donner : il est possible de gagner au niveau national en nombre total de voix et
perdre l'élection cependant. Ce fut le cas en l'an 2000 pour Al Gore face à Bush. L'élection en 2008 de Barack Obama malgré la résonance qu'elle a prise n'est pas cependant une victoire écrasante
: le rapport de force est de 53 %/ 47 %.
Cette campagne 2008 est remarquable à différents égards :
Premièrement, Mac Cain tout comme Obama étaient 2 candidats improbables : Mac Cain était considéré comme un centriste dans le parti républicain et donc non conforme
au schéma habituel des candidats de ce parti. D'ailleurs en 2004, il avait failli quitter le parti pour rejoindre les démocrates. Sa force initiale dans cette campagne a été sa capacité à
convaincre l'électorat déterminant des indépendants.
Il a cependant rencontré des difficultés à financer sa campagne comparativement à Obama, d'où le recours au financement public qui plafonne le montant des dépenses.
De plus, sa stratégie de campagne a été trop fluctuante : il a abandonné son positionnement recentré en fin de course, alors que l’électorat très conservateur lui était acquis.
Du côté démocrate, la favorite attendue au départ était Hillary Clinton qui était très préparée pour ce scrutin. Obama quant à lui faisait figure d'outsider. Ce
dernier a profité des primaires pour enclencher une réelle dynamique de campagne : il a gagné le 1er état en jeu au début 2008, l'Iowa qui a bénéficié d'une large couverture médiatique. La
campagne interne au Parti Démocrate s'est révélée très longue et au fur et à mesure de l'avancée dans cette campagne, Hillary Clinton s'est retrouvée en difficulté, notamment après la décision de
ne pas prendre en compte les votes de l'Etat de Floride (scrutin jugé non conforme par les instances du parti).
En terme de stratégies, Hillary Clinton, avait réponse à tout avec un niveau de précision remarquable, mais elle était très marquée par les lobbies. Au contraire,
Barack Obama lui a été plus habile, en restant plus vague sur les propositions concrètes et en portant l'accent sur un mot d'ordre :les valeurs, le changement et un slogan simple, « Yes, we
can », 'oui nous le pouvons'. Il a voulu incarner une rupture par rapport au mode de gouvernance à Washington, par rapport aux lobbies en mettant à contribution des centaines de milliers de
petits donateurs et de contributeurs pour sa campagne. Au delà de sa campagne, il a voulu démontrer à travers cette élection, qu'il représentait une réelle force, une lame de fond venue des 4
coins de l'Amérique, d'où une réelle stratégie de campagne nationale alors que d'autres candidats démocrates auparavant s'étaient toujours concentrés uniquement sur les « swing
states »
Au cours de la campagne les thèmes abordés ont changé :
De l’Irak, on a glissé vers l’économie avec le prix de l’essence tout d’abord (fin mars) puis vers la crise financière et économique
(thèmes du chômage, problèmes bancaires, sociétés qui font faillite….). Mais le vote au final s'est déterminé par rapport à des enjeux économiques. Les scrutins présidentiels avec des
enjeux essentiellement nationaux s'avère structurellement favorable aux démocrates.
De plus, Mac Cain a commis 2 erreurs fatales sur le sujet
En début de campagne, il a déclaré : « L’économie, je ne suis pas bon et ça ne
m’intéresse pas » puis le jour même où la banque Lehmann Brothers fait faillite il affirmait solennellement que« les fondamentaux de
l’économie sont bons » ; Par ailleurs, l’administration sortante était complètement discréditée sur ce terrain ; d'où
l'insistance d'Obama d'associer son rival au bilan des années Bush.
Andy Arleo : Témoignage d'un américain vivant en France
Andy Arléo qui vit en France depuis de nombreuses années est issu d'une famille qui vote très majoritairement démocrate dans le New Jersey. Il a notamment passé
l'été 2007 aux USA et est venu témoigner de l'etat d'esprit à ce moment là.
Tout d'abord, il faut rappeler que du côté républicain, il y a généralement, 2 tendances :
-
le coté « pro business » : les républicains sont défenseurs du libre échange, du laisser faire dans le marché
-
le coté de défense de valeurs conservatrices : le mouvement « pro life » (anti avortement), famille traditionnelle, discours sur le mérite
Ces 2 tendances ne sont pas forcément simples à concilier et l'adhésion à l'une des 2 ne signifie pas pour autant qu'elles sont systématiquement
complémentaires.
Dans sa famille, M Arleo indique que les femmes sont traditionnellement démocrates mais en avaient assez des dynasties Bushs et Clintons. C'est pourquoi elle voulait
une rupture ; du coup , elles se sont posées la question : « pourquoi pas Guiliani » ? Mais ce dernier a été rapidement disqualifié de la course.
Sinon les jeunes ont été impressionnés par Obama pour sa jeunesse, son métissage, son parcours.
La diversité qu’il symbolise a trouve un un réel écho , ainsi que le profond désir de changement qu'il inspirait.
Internet a joué un réel rôle de catalyseur en mettant les personnes en contact du côté d'Obama, d'où une organisation quasi professionnelle de volontaires,
extraordinaire à beaucoup d'égards.
Le nombre de petits contributeurs était effectivement impressionnant ; ce qui a permis dans un premier temps à Obama d'amorcer la pompe alors qu'il partait de pas
grand chose; d'où cette réflexion, que même dans le pays du « Grand capital », l'élection ne peut être définitivement achetée par les lobbies.
Paul Martinez : Témoignage d'un étudiant américain à Nantes
M Martinez a fait part des espoirs qu'inspire l'election de Barack Obama. En effet selon lui, il y a beaucoup de travail après 8 années de désastre s'il on s'en tient au bilan de G Bush.
Obama incarne le changement par la coalition permanente qu’il représente, le dépassement des clivages qui s'avère nécessaire pour résoudre les problèmes. Cette coalition à la fois s'affirme à la
fois sur le plan intérieur et sur le plan international.
Au niveau intérieur, Obama représente une forme de réconciliation entre les communautés, les couleurs de peau. D'ailleurs, il a prononcé un discours très remarqué le 18 mars :
Extrait du discours traduit :
« J’ai choisi de me présenter aux élections présidentielles à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous
les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs, que nous ne sommes pas
tous pareils et que nous ne venons pas du même endroit mais que nous voulons aller dans la même direction, vers un avenir meilleur pour nos enfants et petits-enfants »
(CF intégralité du discours de Philadelphie : discours sur la
race d Obama mars 2008) (touche ctrl + clic pour accéder)
Il a voulu réintroduire l'idée de l’ « American Dream » dans les esprits durant cette campagne. Il est d'ailleurs incroyable qu'un candidat ayant le
nom « Barack Hussein » puisse avoir été élu alors que ce nom « Hussein »désignait l’ennemi public n°1 des Américains et de son, gouvernement, il y a quelques
années.
Au niveau international, Obama aura la volonté de travailler de façon multilalérale: son discours à Berlin en est la preuve où il s'est mis en position d'être un « citoyen du
monde »
: « I’m a fellow citizen of the world »,
(Cf intégralité du discours : Discours OBAMA à Berlin juillet
2008 ) (touche ctrl + clic pour accéder)
Déjà sur l'Irak, l’élection d’Obama a changé la donne, le gouvernement américain en place trainait les pieds, il adopte une attitude différente plus souple 3 jours
après l’élection d’Obama.
Bref, l'élection d'Obama se veut un hymne à la confiance dans les USA, dans de nouvelles conquêtes, de nouvelles possibilités :
« This is our moment, our time, to reclaim the American Dream. », qu'il a manifesté lors de son 1er discours de
président élu.
(Cf intégralité du discours de Barack Obama à Chicago le 04 novembre :http://tf1.lci.fr/infos/elections-usa/0,,4148059,00-l-integralite-du-discours-d-obama-.html)(touche
ctrl + clic pour accéder)
Romain Clouet : Témoignage d'un français supportant Mac Cain
Romain Clouet, étudiant nantais et membre du comité de soutien à Mac Cain est venu contre balancer et apporter une autre vision de cette élection.
Selon lui, John Mac Cain avait l’expérience et les qualités nécessaires pour être réellement un bon président. Il a toujours
travaillé au Sénat et placait son pays avant tout autre consideration.
Obama ne représenterait pas le changement tant annoncé : en effet, il a déja repris lors de ses premières nominations de son cabinet d'anciens membres de cabinet de
l'ère Clinton. Par ailleurs le retrait des troupes d’Irak n’est pas dû qu’à Obama mais à la technique de Petraeus
grâce auquel les attentats ont baissé de 60%.
Sur le plan de l'économie, il estime que le congrès à majorité démocrate depuis 2 ans n'a pas fait ses preuves de sa capacité à agir efficacement contre la crise actuelle.
Contrairement à ce qui peut se dire, l'origine des subprimes remonterait à l'ère Clinton en 1993 / 1995: l'idée était de faire en sorte qu'un maximum d'Américains puissent accéder à la propriété
en développant le crédit aux ménages très modestes. L'administration Bush n'aurait pas réussi à revenir sur les lois de diffusion du crédit pour des ménages non réellement solvables.
Par ailleurs le rôle d'Alan Greenspan (ex gouveneur fédéral de la FED), à travers sous évaluation volontaire des taux de marché du crédit est souvent occulté.
De fait, les média ont eu tendance à choisir durant cette campagne le camp Obama et a négligé le rôle des démocrates dans la crise des subprimes, qui a joué un rôle clé dans le vote.
Jean Francois Le Ruyet: le point de vue d'un français connaissant les USA
Jean François Le Ruyet est venu apporter sa lecture et son analyse du scrutin.
Il a insisté tout d'abord sur le rôle déterminant joué par les médias dans cette campagne. Ils ont de fait pris parti et soutenu la cause d'Obama, notamment la
presse. Celle ci s'est en quelque sorte vengée d’avoir été muselée par l’administration Bush avec l'aspect sécuritaire du « Patriot Act » et les lois « terrorist prevention act »
L'administration Bush suite aux attentats de 2001 s'est octroyée des pouvoirs comme aucune autre administration auparavant n'avait pu le faire.
Mais l'intervention des médias n'explique pas tout : Obama a de son côté mené une campagne intelligente , pacifiante, transcendant les clivages culturels. Il
a réussi à réunir des progressistes sur le plan culturel (sur des avancées sociétales) avec une gauche réformiste sur le plan des avancées sociales et économiques. Ça a été un élément clé de sa
victoire, en dépassant les anciens clivages, les contradictions des démocrates dont profitaient au final les républicains.
La dimension symbolique a eu une grande portée également : il a fait de sa propre histoire personnelle , une incarnation pour le pays et développer toute une thématique autour (thème du rêve
américain, de l'unité et du rassemblement) . Par ailleurs son discours relativement vague lui a permis d'être opportuniste et de s'adapter aux circonstances. C'est ce qui explique l’engouement des gens pour participer à sa campagne: il a levé 700 millions de dollars de fonds (1 million par jour), d'où son renoncement au financement public.
Ceci est en contradiction avec la tradition démocrate qui est plus pointilleuse, plus moralisatrice sur le financement des campagnes.
Le résultat a été qu'en Virginie par exemple, 5 spots publicitaires pour Obama ont pu être diffusés contre 1 pour Mc Cain.
Du fait de ses moyens, il a donc rassemblé au-delà de ses bastions traditionnels, et a même mis en place des bureaux démocrates dans certains endroits qui n’avaient
jamais vu de bureaux démocrates (comme en Virginie).C'est ainsi qu'il a réussi à s'implanter là où il n'etait pas du tout attendu. D’où des surprises
au niveau pour les élections du Sénat où des sièges inespérés ont pu être gagnés pour les démocrates.
Il a en quelque sorte bénéficié de la dynamique de son duel avec Hillary Clinton qui, en jouant les prolongations, l’a obligé à s’implanter, aller chercher les
électeurs. Obama est seulement le 4ème président démocrate élu avec plus de 50% des voix.
Débat sur l'analyse des résultats
Premièrement on ne peut que constater que l'effet « Bradley », du candidat noir dans les années 80 qui n'avait été élu alors que favori ne s'est pas produit. Les
résultats finaux sont restés assez proches de ceux donnés dans les semaines précédentes par les sondages.
Obama a surtout profité d'un effet d'identification multiple de part son côté métissé. Il ne s'est mis aucune communauté à dos. Il a été cependant attaqué sur son
caractère élitiste parfois de son discours. D'ailleurs le discours de Berlin était typiquement un discours à ne pas évoquer aux USA pour Obama pour ne pas être ressenti comme pro européen ; ce
qui aurait un impact très négatif à l'intérieur du pays.
Il est possible de noter qu'une catégorie est resté plus en retrait par rapport à l'adhésion à son discours : les femmes blanches de plus de 50ans.
La participation restera dans certains Etats hors du commun ; ainsi au Névada : il y a eu 60000 électeurs
supplémentaires.
Les USA n’ont pas le même rapport au vote que nous. Les américains payent peu leur démocratie comparativement. Les bureaux sont placés de façon stratégique et il est
possible de voter dans les églises. D'ailleurs certains gouverneurs dans les États n‘hésitent pas à choisir des endroits dissuasifs pour placer les bureaux de vote quand ils veulent décourager
une certaine population ; cela fait partie du combat politique.
On vote les jours ouvrables (le mardi), d'où un effort important pour inciter les citoyens à se déplacer dans les bureaux. On peut noter aussi que cette année le
vote par correspondance a été très important.
Ce modèle politique de campagne est-il transposable en France ?
Pour ce qui est de la dynamique déclenchée par l'utilisation d'internet, les experts électoraux ne manqueront pas d'analyser en profondeur les mécanismes de cette campagne et d'essayer de les
transposer lors des prochaines élections.
Par contre, pour ce qui est d’aller chercher l’électeur, le modèle est difficilement transposable.
Les taux de participation n'ont pas la même signification :
Aux USA, il est calculé par rapport à la population électorale en age de voter. En France, seul le dénominateur du nombre d’inscrits est pris en compte.
L'inscription et la réinscription en France est d'ailleurs un vrai sujet en soi : les non inscrits (souvent plus importants dans les banlieues et milieux populaires)
et des mal inscrits en France (ceux qui n’effectuent pas changement de liste après changement d’adresse).
Un nouveau terme a remplacé le mot militantisme aux USA; c’est le terme « militance ». C'est une forme plus diffuse, plus volatile de
militantisme. Elle prend en compte la volatilité des engagements de beaucoup de citoyens qui s'engagent sur une cause
bien précises ponctuellement.
Dès lors l’élection d’Obama est-elle le résultat d’un véritable élan ou est ce une réussite par défaut ?
Difficile à dire : on constate l'engagement de nombreux petits contributeurs ; Sur les 700 millions de dollars récoltés par Obama , 500 millions ont été collectés sous forme de dons de 10
dollars uniquement.
Obama a surtout disposé de précieux conseils de son directeur de campagne qui a mené une campagne digne d’un travail d’orfèvre. « On va gagner là où Bush a été le plus fort ».Il
a bénéficié de la présence d’équipes sur le terrain allant frapper aux portes, la campagne a été déclinée en local avec des discours adaptés aux besoins de la
population. Le discours se construisait autour de quelques idées claires en prenant le soin d'éviter des sujets pouvant fâcher.
L'utilisation de mails et sms avec des publics très ciblés a donné un côté très « marketing » à cette campagne.
Les conséquences attendues de cette élection
Les démocrates sont traditionnellement plus protectionnistes que les républicains. Barack Obama risque d'abord de s'occuper de la crise économique interne au pays.
Sur le plan politique interne, il n'est pas sûr que Barack Obama soit beaucoup plus enclin à mettre en avant les «minorités visibles» : d'ailleurs il a pris le soin de prendre ses distances avec
la tendance naturelle des noirs américains à la revendication à travers les «affirmative actions».
Par ailleurs, sur le plan diplomatique, malgré l’enthousiasme soulevé par l’élection de B. Obama en Europe, des points de désaccord existent entre les USA et
« le vieux continent »
-
l'Iran,
-
l'Afghanistan : les USA vont certainement demander un renforcement du rôle de l’UE, avec un déploiement supplémentaire
-
la dévaluation de la monnaie chinoise, (les européens sont contre, car elles pénalisent les exportations). Les USA vont certainement demander à la Chine de jouer
un rôle de régulation dans la sphère asiatique.
-
le désaccord sur la Russie (avec le problème géorgien),
-
le rôle pour les minorités. Les USA sont devenus très attractifs pour l’Afrique, l’Union Européenne et la France lui sont complètement fermés. Les aides des USA
à l’Afrique qui existaient sous Bush ne devraient pas cesser avec l’arrivée d’Obama (Tanzanie)
Malgré tout, des points de convergence nouveaux devraient voir le jour également :
-
Sur la lutte contre le réchauffement climatique avec le financement des industries plus respectueuses de l’Environnement (depuis 2003, baisse du gaz à effet de
serre de 2,25%/an, utilisation de panneaux solaires, de voitures à hydrogène…) Romain Clouet a d'ailleurs expliqué que la logique libérale américaine poursuivie par Bush visait à ne pas
mettre de contraintes pour l'émergence de ces nouvelles technologies (d'où le refus jusqu'à présent de signer le protocole de Kyoto).
-
Sur une approche plus multipolaire des problèmes avec un retour à l'état de droit normal : la fermeture du centre de Guetanamo, la réaffirmation du rôle de l'ONU
dans les crises mondiales, la recherche de meilleures coordinations pour réguler le monde
Questions de l’assemblée.
1-Peut-on imaginer que les Républicains n’aient pas réellement souhaité gagner étant donné l’ampleur des difficultés à gérer?
Non. Et laisser tomber les banques ne pose pas de problème aux Républicains. La logique libérale veut qu’on doive assumer les risques que l’on prend.
2-L’impact de la longueur et de l’intensité des primaires ?
On pouvait penser que cela affaiblirait les démocrates. Mais finalement ceci s'est révélé être un atout: cela a été un vote sur enjeux, sur des données conjoncturelles (crise économique)
traditionnellement favorable aux démocrates.
La campagne des primaires aurait pu provoquer un sentiment de saturation mais a maintenu le suspense. Et dans le conflit Hillary/Obama, Mac Cain a eu du mal à trouver un espace.
Conclusion
L'élection de Barack Obama est un événement historique à la fois sur le plan américain et sur le plan mondial. Certains ont évoqué qu'un « mur était tombé le soir du 04 novembre aux
USA », en transcendant une barrière autrefois inimaginable il y a encore 30 ou 40 ans. Seule l'action désormais du nouveau président pourra dire, si cette élection correspond au début d'une
nouvelle ère.
Par ailleurs, la soirée aura permis de mettre en évidence, que les réalités de la démocratie américaines sont plus complexes et plus subtiles que ce qui est présenté généralement à travers les
médias français. Les Américains sont parfaitement conscients des avantages et des défauts de leur régime, C'est aussi le signe d'une maturité de leur démocratie.
Pour conclure ce débat, Olivier Deschanel a formé le voeu qu'après l'élection d'un démocrate aux USA en 2008, un français d'inspiration démocrate puisse être couronné de succès en 2012....
Derniers Commentaires